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Quand Dieu parle (1) Ecoute, Dieu parle !

[samedi 31 août 2013 19:44]

par Anne HEIMERDINGER

« La Parole du Seigneur était rare et les visions étaient peu fréquentes. »I Samuel 3.1

Dieu parle. Les récits bibliques abondent de témoignages en ce sens. Il parle, mais comment reconnaître sa parole ? Et que dit-il ? En I Samuel 3, Dieu appelle Samuel pour la cause de son peuple à la dérive : sans roi, sans prêtre, et bientôt, sans arche ! Encore faut-il savoir écouter !

Nous sommes à Silo, un haut-lieu, un sanctuaire. L’arche de l’Alliance y réside, confiée au ministère du prêtre Eli et de sa descendance. La pratique du culte est centrée sur les sacrifices et sur des oracles. Pratique propice au profit si on en juge les travers dénoncés des propres fils d’Eli. Lié à ces exactions connues et tolérées, le prêtre justement est tombé en disgrâce. Il sera tué et l’arche saisie par les Philistins.
Samuel, lui, confié au sanctuaire, fait davantage partie du cadre de l’histoire qu’il n’est maître de la situation. Eli, le « coach spirituel », ne reconnaît pas l’appel de Dieu qui lui est adressé : « Je n’ai pas appelé, retourne te coucher ! » (I Samuel 3.5 et 6). Samuel est à mille lieux d’imaginer que Dieu peut s’adresser personnellement à lui. Pour ainsi dire, il ne le connaît pas. Mais il est bien au centre de l’intérêt de Dieu, même si celui-ci ne lui dévoile pas grand-chose sur sa mission future. Dieu expose la situation et les conséquences qui vont en découler. C’est de ces paroles que Samuel devra déduire ce que Dieu attend de lui.

Quand Dieu parle
Dieu appelle qui il veut, et ne tient compte d’aucune filiation – Samuel n’est ni fils de prêtre, ni fils de chef. Sa parole s’inscrit dans la situation de vie donnée. Mieux, il n’a que faire des traditions qui enferment, cloisonnent, rendent impossible tout changement, tout écho à une parole novatrice, libératrice. Il ne parle pas pour une construction humaine, qu’elle soit une dynastie royale, un clergé, un culte particulier, des rites institués, comme semblent l’attester d’autres textes. Dieu est juste fidèle à sa parole qui n’appartient à personne.
Ceci dit, pas si simple d’écouter, encore moins évident d’entendre, surtout lorsque la Parole annonce un jugement. Eli, devenu sourd à la parole de Dieu, entendra une condamnation personnelle à travers Samuel auquel il aura appris à discerner la voix.

Sur le mode actif
D'une certaine façon, quand Dieu parle, il s’inscrit dans la perturbation, le bousculement, le dérangement. Il balaye le planifié, la théorie, l’installé des hommes. Saisir et comprendre ce qu’il veut dire se réalise sous condition d’attention… Un jeune garçon mis en disposition pour écouter dit : « Parle ton serviteur écoute ! » (3.10). Le vrai secret de l'écoute n’est-il pas de tendre à la disponibilité pour l’autre, de chercher la communion davantage que les mots qui la servent ?
Ecouter tiendrait de l’effort : ne sous-entend-il pas que l'on apprenne à se taire ? A se tenir en retrait. Ou mieux, n’est-ce pas l’art de renverser l’habitude d’occuper le silence et l’espace à tout prix : « Ecoute bien Seigneur, ton serviteur te parle ! », et de ne conserver de la Parole donnée que ce qui conforte et arrange nos petites affaires ?

Ecoute et rencontre
L’écoute transforme l’hôte et son parcours. Samuel apprendra à suivre et développer sa vérité intérieure. Elle signe les prémices d’un mouvement, les prémices d’une foi confiante. Ce cheminement et son accomplissement portent le nom de vocation.
Pour Dieu, être entendu est signe de reconnaissance de la part de l’homme qui ne cherche pas à se substituer à lui pour lui dire ce qu’il doit être. A celui qui sait écouter est donné de ne plus vivre à la surface : il communie à une vibration intérieure qui manifeste au fond de lui le Vivant qui, on le sait bien, ne lui veut que du bien !

© Réveil - Lire la Bible - sptembre 2013