Imprimer

[jeudi 4 septembre 2008 01:00]

Les Actes des apôtres : Introduction (1)

Franck HONEGGER
(rédacteur à Réveil)

 

"N’aie pas peur ! Parle, ne te tais pas, car moi je suis avec toi"
Actes 18.9-10

 

Lire le livre des Actes des apôtres, c’est entrer dans une épopée antique avec cependant une différence : ce ne sont pas des personnages qui sont au centre du récit mais un événement, celui de la résurrection de Jésus. Nous entamons ici une série sur ce livre biblique.

 

L’objectif de son auteur (Luc), est clairement défini : relater les débuts de l’expansion géographique du christianisme, « à Jérusalem, dans toute la Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (1,8), aborder les questions théologiques auxquelles les premières communautés ont à répondre, devant un judaïsme exsangue et face à un paganisme triomphant.

Deux textes pour un livre
Le texte que nous avons aujourd’hui dans nos traductions tente de rendre compte de deux traditions textuelles, l’une dite orientale qui est le texte traditionnel, l’autre dite occidentale se fondant sur un manuscrit dont l’origine serait plus ancienne, le codex de Bèze que nous pouvons trouver avec sa traduction sur un site Internet (http://bezae.ifrance.com/). Des chercheurs travaillent depuis plusieurs décennies à rendre compte des différences et en souligner les portées théologiques.

Des entrées multiples
Pour le lecteur, plusieurs façons de lire peuvent être comme autant de découvertes de la richesse de cet écrit. On peut s’intéresser à la géographie. Le centre en est Jérusalem : tout y part et tout y revient. Rome en est l’ultime étape, d’espérance puisque le livre n’a pas de fin. Entre les deux, nous voyageons en Palestine, dans l’Asie mineure et en Grèce.
On peut aussi s’attacher aux personnages : les principaux qui marquent les étapes ; les secondaires qui donnent chair à la multitude des témoins. Ainsi Pierre, jusqu’au chapitre 15, ou Saul, devenu Paul, mentionné une première fois en 7,58 et dont les voyages missionnaires « jusqu’aux confins » en fera la seconde figure centrale. Entre ces deux-là, le passage tragique d’Etienne (chap. 7) et éphémère de Philippe (chap. 8) marquent le récit de points théologiques et historiques. Et que dire de Barnabé et Silas, compagnons successifs de Paul, ou des bénéficiaires de l’effusion de l’esprit (Lydie, le geôlier, l’eunuque éthiopien…).

Un entre-deux théologique
Autre possibilité encore pour lire les Actes des apôtres : s’intéresser aux discours (prédications, témoignages, exhortations, sommaires de la foi chrétienne…) et aux réactions des auditeurs ; en tirer une nourriture sur le thème de la mission ; ou encore comprendre le rôle de l’esprit saint. Dans cette dernière lecture, les questions théologiques pourront être relevées, comme celle de la nécessaire (?) émancipation par rapport à une religion au légalisme contraignant ; ou celles, encore très actuelles, du pur et de l’impur, ou du témoignage en milieu incrédule ou hostile.
L’on ressent, à la lecture, que l’assemblée de Jérusalem (chapitre 15) trancha un différend et prit des décisions. Peut-être l’expansion du christianisme prend-elle réellement sa source là. Il est donc utile de relire ce livre comme une tentative de rendre compte d’une étape importante de l’histoire balbutiante des premiers chrétiens.

© Réveil — Lire la Bible — Septembre 2008