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[mercredi 1 juillet 2009 01:00]

Les Actes : Le testament de Paul (11)

par Emmanuelle STEFFEK


« Mon but, c'est de mener à bien ma course et le service que le Seigneur Jésus m'a confié : rendre témoignage à l'Évangile de la grâce de Dieu. »
Actes 20.24



Avant de se rendre à Jérusalem, où un avenir incertain l'attend, l'apôtre Paul fait ses adieux aux anciens de la communauté d'Éphèse, et leur lègue son « testament spirituel ».


Dans un discours chargé d'émotion, à Milet (Actes 20,18-35), Paul, incertain sur le sort qui l'attend lorsqu'il retournera à Jérusalem, prend congé des anciens de la communauté d'Éphèse à laquelle il est très attaché (c'est une des rares communautés dans laquelle, selon les Actes, il est resté plus de deux ans d'affilée, cf. 19,10 ; 20,31).
Il commence par rappeler le travail qu'il a accompli à Éphèse, sa prédication, son enseignement, son témoignage (v. 18-21). Il poursuit en annonçant qu'averti par l'Esprit, il sait qu'il aura à affronter bien des dangers dont l'issue lui est inconnue (v. 22-23). Pourtant, il ne se lamente pas : sa vie, à ses yeux, a moins de prix que la mission dont il a été investi par le Seigneur Jésus (v. 24). Les paroles suivantes feront fondre les Ephésiens en larmes (v. 37) : ils ne reverront plus Paul ! Celui-ci leur confie la tâche de prendre soin de l'Église, malgré les menaces qui pèseront sur la communauté. Étrangement, ces menaces ne viendront pas de l'extérieur, mais de l'intérieur de l'Église (v. 30) !
Prenant son exemple personnel, il montre, encore une fois, que l'Évangile doit être délivré gratuitement, au point que même un responsable de communauté doit subvenir lui-même à ses besoins (v. 33-35). Enfin, les dernières paroles qu'il adresse aux anciens ne sont pas siennes : « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir » (v. 35b) ; c'est ce que les exégètes nomment un agraphon, une parole de Jésus inconnue des Evangiles, mais rapportée par une autre tradition.
Ce discours de Paul à Milet peut donc à bon droit être considéré comme son testament : il y témoigne en effet de son travail, de la peine qu'il a prise pour évangéliser le juif comme le grec (v. 21) ; il investit ses successeurs d'Éphèse de la charge de poursuivre son œuvre et de veiller sur la communauté ; enfin, il leur lègue un dernier cadeau des plus précieux : une parole du Seigneur qui incite elle-même au don !
Bien sûr, le livre des Actes ne se termine pas sur ce « testament » de Paul, mais ce discours sera le tout dernier de Paul adressé à une communauté chrétienne (les autres s'adresseront aux juifs de Jérusalem, aux autorités romaines et aux juifs de Rome). Rappelons en effet que le livre des Actes n'est pas une biographie de Paul, mais la chronique de l'irrésistible marche en avant de la Parole, qui arrivera à Rome en finale des Actes. Elle atteindra le but que lui a assigné Luc, grâce à un Paul prisonnier. Mais la Parole, elle, sera libre et sans entraves !
Puisse-t-elle, par-delà les siècles, les cultures et les hommes, continuer à croître et à faire croître : c'est là tout le mal que je lui souhaite, que je vous souhaite, chers lecteurs !

 

© Réveil - Lire la Bible - été 2009