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[mardi 1 septembre 2009 01:00]

Personnages étonnants  : Dans la rue, le roi danse… (1)

par Anne HEIMERDINGER


« C’est devant l’Eternel qui m’a choisi que j’ai  dansé  »
II Samuel 6.21



Cette rentrée, nous vous proposons de suivre des personnages bibliques hauts en couleur, célèbres ou méconnus, déroutants… qui nous entraînent à vivre des expériences inédites, curieuses, mais riches de sens !
Drôle de scène que donne à voir un roi d’Israël fraîchement intronisé au milieu de son peuple.
 


Voici David dansant, presque dévêtu, juste recouvert d’un pagne, criant de joie à en perdre haleine dans les rues. Le peuple acclame Dieu au son des trompettes, « l’Eternel des armées » est honoré avec des sacrifices et son arche prend place dans la cité du roi.
Si cette cérémonie rappelle d’autres fêtes religieuses dans la forme - celles dédiées aux dieux païens - avec ses sacrifices, sa musique sacrée et ses danses, David le roi, lui, danse et sa danse n’obéit à aucune règle, à aucune obligation rituelle. Il n’attend rien en retour : aucune protection divine, aucune faveur particulière. Il traduit avec son corps une joie qui le transporte. Il se moque éperdument d’un quelconque prestige royal, d’un code de bonne convenance.
Peut-être a-t-on entendu des rires fuser, a-t-on échangé des regard gênés ; peut-être les gens se sont-ils mis à dire : « il est plein de vin doux ! » David n’y prend pas garde, emporté dans son enthousiasme. Il n’est pas là pour le regard des hommes ; il s’est placé devant Dieu qu’il loue de tout son être.
Seule Mikal en prend ombrage. Comment comprendre l’attitude de son roi de mari qui semble avoir perdu toute mesure ? Elle en est si gênée qu’elle méprise cet individu sans retenue qui se mêle aux hommes communs. Et comment accepter un tel signe d’allégeance lorsque l’on ne partage pas la même expérience, le même vécu ?
Elle ne se doute même pas que David est là juste pour Dieu, qu’il s’est déshabillé comme on quitte un manteau d’habitudes, de devoirs trop lourds à porter pour se retrouver un peu, spontané, vivant, simple sans apparat. Devant Dieu, le roi de Juda et d’Israël s’abaisse. Le terme hébreu utilisé ici : qagal signifie ce qui est léger, insignifiant ; David se dépouille donc de tout ce qui lui pèse pour s’abandonner à sa joie. Et ce n’est pas un coup monté, il n’a rien préparé, il a simplement relégué son rang, ses honneurs, son image de vaillant guerrier, de roi conquérant et gracieux pour redevenir David l’homme. La rencontre avec Dieu se fait souvent dans l’originalité, la simplicité, l’humilité et toujours avec ce que l’on est et non pas ce à quoi on ressemble !
Si David perd dans l’histoire l’estime de sa femme, il gagne son peuple au Dieu vivant. Le peuple est là et le regarde ; il vérifie une foi clamée, une foi vécue. Après avoir mené ses hommes au combat avec bravoure, il les entraîne sur un tout autre terrain : celui du témoignage qui invite à une rencontre autre.
Si David oublie son apparat, il gagne davantage la confiance de tout un peuple ; il est soudain revêtu d’un autre vêtement ; celui d’un chef spirituel convaincu que l’on a envie de suivre ! Chacun repartira béni et rassasié chez lui (6,19).

© Réveil - Lire la Bible - septembre 2009