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[mercredi 30 décembre 2009 00:00]

Personnages étonnants  : Jonas, colère ou miséricorde ? (5)

par André BOST


« Que les hommes crient à Dieu avec force... Qui sait si Dieu ne renoncera pas à son ardente colère... »
 Jonas 3.8-9

 

« Jonas dans sa baleine était bien fatigué... » chantions-nous. Jonas, c'est l'histoire d'un mec à qui Dieu ne plaît pas, mais pas du tout ! « La parole du Seigneur fut adressée à Jonas... » Il se bouche les oreilles et s'enfuit loin, loin, au bout du monde !
 


Pas question d'aller prêcher à Ninive, la grande ville aux ennemis d'autrefois (aujourd'hui l'Irak). Jonas ne veut pas faire le prophète de malheur, il ne veut pas crier la colère de Dieu, il fuit et... il en meurt. Que va-t-il se passer ?
« Que pensez-vous de cette histoire ? », demandais-je aux catéchumènes.
« Pas vrai ! » ; « Vrai parce que c'est dans la Bible » ; « Pas vrai, mais ça veut dire quelque chose ! »
Oui, le texte dit beaucoup de choses : « Que faites-vous des missions dont Dieu vous charge ? »
Vous êtes appelés à une vie nouvelle, comme les Ninivites et Jonas (sur des sarcophages chrétiens anciens, son histoire signifie le baptême !).
C'est la tempête sur la mer, par la faute du prophète (la création est sensible à l'action d'un seul : c'est l'effet « papillon ») ! Tempête annoncée sur Ninive, par la faute de sa population totalitaire, méchante ! Tempête annoncée sur notre planète en raison de nos façons de vivre !
Sans crises, sans menaces acceptons-nous de modifier nos comportements ? Notre humanité aime la vengeance, Dieu, lui, change sa colère en miséricorde même à l'égard des ennemis.
Et quelle peine avons-nous à accepter la grâce de Dieu, pour nous ou les autres !
Jonas est jeté à la mer par les marins. C'est la fin ? Non, Dieu le repêche en envoyant un grand poisson. Avalé, Jonas a la peur de sa vie : il est mort. Du fond de sa mort, il crie à Dieu au secours ; il reste trois jours dans la mort (Jésus citera ces trois jours à propos de sa mort et de sa résurrection) et... le poisson le recrache.
Pour la seconde fois, Jonas entend : « Debout ! Va à Ninive et proclame ! » Il y va, bien obligé, et parcourt la ville.
Il clame : « Quarante jours et Ninive sera en ruine ! » Prédicateur percutant, il fait le tiers du chemin : état d'alerte, plan ORSEC… et la ville entière se repent : « Peut-être que ça servira à quelque chose ? » Oui, Dieu renonce à sa colère !
Furieux, Jonas ! « Je le savais ! Avec toi c'est toujours comme ça ! Aucune vengeance, toujours la miséricorde. Insupportable ! Plutôt mourir que de voir ça ! » Jonas, seul, râle. Comme il aimerait brandir le Jugement ? Dieu se sert alors d'une plante pour lui parler : ce « quikayon » pousse en une nuit ; on dit qu'il produit des citrouilles ! « Passe à l'ombre, Jonas et calme-toi ! - Non, je ne me calmerai pas... » Le lendemain, la plante est morte ! A la nouvelle fureur de Jonas, Dieu répond : « Fais-tu bien de te mettre en colère ? Tu as pitié d'une plante, et moi je n'aurais pas pitié de ces 120 000 inconscients, violents qui ne savent même pas trouver la bonne voie ? »
Le jugement de Dieu s'écrit en trois pages ! C'est assez fort.

© Réveil - Lire la Bible - janvier 2010