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[jeudi 29 avril 2010 01:00]

Personnages étonnants  :  Amos : « Ca ne peut plus durer ! » (9)

par André BOST 

« Voici, je donnerai mes ordres, et je secouerai la maison d'Israël […] comme on secoue avec le crible, sans qu'il tombe à terre un seul grain. »
 Amos 9.9

Etonnant prophète ! Il est le premier que l'on connaisse par des écrits transmis par ses disciples (savaient-ils écrire en ces temps reculés : 750 avant J.C., il y a 29 siècles ?). Antique et pourtant actuel !


« Je ne suis pas prophète, ni fils de prophète ; je ne parle pas pour me faire élire. Je n'appartiens à aucun parti. Je ne suis qu'un éleveur de troupeaux de Tékoa. Dieu m'a pris "au cul des brebis" pour que je parle à son peuple, à tous les peuples ; Mon Dieu est dieu de l'univers ! » clame Amos.
On voit apparaître, en ces temps anciens, l'idée d'un monothéisme universel et pas seulement réservé au peuple d'Israël. Amos parle contre Gaza, le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Palestine, mais aussi contre Juda et Israël ! Personne n'est loin du projet de Dieu. Et ce prophète peut dire des choses qu'aucun homme politique ne peut dire : le prêtre Amatsia, fonctionnaire du roi de Samarie, coincé dans sa fonction, ne peut même pas écouter la parole du prophète. Amos, lui, est libre d'être porte-parole de Dieu. Sa parole est rude, brutale, critique ! Ça ne peut pas durer ! On va droit dans un mur terrible ! Trafics de main d'œuvre, purification ethnique pour étendre son territoire, cruautés, injustices, on pille, on razzie, on massacre.
Quelle violence, dans ce Moyen-Orient ! « A cause de trois crimes et même de quatre - je ne révoque pas mon arrêt - telle ville sera détruite, telle autre incendiée, tel peuple déporté... En Juda, on se moque de l'alliance et de la loi de Dieu. En Israël, les juges sont corrompus, on vend le pauvre pour une paire de sandales... » « Ne faites pas les fiers, vous, Israël. Ne croyez pas que la religion va vous tirer d'affaire ! Je hais vos pèlerinages, je n'écoute pas vos cantiques ! Je vous ai avertis cent fois mais vous avez craché sur les prophètes... Ce que je veux c'est que la justice coule comme une rivière et le droit comme un torrent ! » La « cata » arrive, terrible. Le plus courageux s'enfuira, tout nu, comme un homme qui court pour échapper au lion... Il tombe sur un ours ! Tout essoufflé, il s'appuie au mur : un serpent le mord... !
En entendant tout cela, le prêtre Amatsia s'écrie : « Mais qui c'est ce type ? Etranger, va prêcher chez toi si tu veux, mais laisse-nous tranquilles ». Amos, dans ses visions, voit venir la fin comme une invasion de sauterelles. Il supplie : « Seigneur, ce peuple, il est tout petit. Jamais il ne tiendra le coup ! Au secours ! » Amos parle des péchés collectifs, d'un peuple. Le dimanche, quand nous confessons nos péchés, pensons-nous aux péchés de notre peuple ? Nous en sommes aussi responsables... Pensons-nous aux avertissements que nous n'avons pas écoutés ? Cela pose question aujourd'hui, quand on regarde notre monde ! C'est difficile : il y a des avertissements et des contre-avertissements ! Il faut réfléchir et travailler ces questions pour rechercher la justice et le droit. Prépare-toi à la rencontre de ton Dieu !

© Réveil - Lire la Bible - mai  2010