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En lutte (3) : La belle et la bête

[mercredi 1 décembre 2010 00:00]

En lutte (3) : La belle et la bête

par Francis WILLM

« ...Maintenant, le salut est arrivé, et la puissance et le règne de notre Dieu, et l'autorité de son Christ. »
Apocalypse 12.10b


Il est réservé à l'Apocalypse de Jean d'offrir aux chrétiens de l'âge apostolique une vision complète et détaillée des derniers temps. Le sujet du livre annonce le retour du Seigneur, qui vient élever son règne à la perfection, mais c'est encore une lutte.

Lisez ce chapitre 12 de l’Apocalypse : c’est un bon résumé de ce livre. Un combat, digne des meilleures BD ! Tout y est : un dragon furieux, sanguinaire ; un champion guerrier : Michaël ; un héros non-violent sacrifié : le Christ ; des foules attaquées mais victorieuses ; un désert aride mais salutaire ; et, bien sûr, une femme !
Ce livre est, dit Jacques Ellul, « une forêt de symboles ». Il est truffé de rappels de l’Ancien testament (en particulier l’Exode) et d’allusions à la liturgie du culte de l’Eglise (surtout pascale). Il utilise un langage quasiment caché, chiffré !

Gagnée d’avance
Oui, il y a une lutte terrible : l’enjeu en est le pouvoir sur le cosmos et l’humanité. Attention : point de dualisme ! Pas question d’un combat à armes égales entre le Bien et le Mal. La victoire sur le mal est acquise et définitive, grâce à la mort et à la résurrection du Christ. Un temps nouveau est inauguré par cet événement : temps de la mission de l’Eglise, qui proclame et signifie la victoire et le règne de Dieu, et qui en vit. Les chrétiens ont la tête (la foi) au Ciel (le monde spirituel, la présence de Dieu), et les pieds sur terre (notre monde) où leur mission est d’aimer. C’est là que se démènent les puissances du mal. Elles n’ont plus aucun pouvoir spirituel (au Ciel) et, tel un éléphant mortellement blessé qui détruit tout sur son passage, elles se déchaînent ici-bas dans ce temps provisoire qui signe leur agonie.
Mais ce temps est aussi pour nous chrétiens un temps de souffrances (les persécutions), car ces forces destructrices se déchaînent, même si leur pouvoir est aussi limité, dit l’Apocalypse. C’est comme si le traité de paix entre nous et l’ennemi était signé, mais ce dernier ne veut pas le reconnaître et continue à combattre, alors que l’Eglise se sait dans la victoire et la paix du Christ. Et nous crions à tous les hommes prisonniers du mal : vous êtes graciés et appelés à sortir de votre cellule. La clé a tourné, il suffit d’ouvrir la porte, le Libérateur est là pour vous conduire dans une vie nouvelle et libre, avec tous ceux qui l’ont déjà compris et suivi ! Hélas la plupart n’y croient pas et restent enfermés.

Tous libérés
Les forces du mal voulaient détruire le Christ, mais ont échoué : c’est le cri de victoire de Pâques ! Du coup, elles se ruent contre l’Eglise et lui mènent une vraie guerre. Mais, comme dit l’apôtre Paul (et le vieux cantique), nous sommes « plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés » (Romains 8.37). Nous n’avons pas à combattre des personnes, mais les forces anti-amour et anti-création. Luttons, non pas pour la victoire, mais dans la victoire de Dieu en Christ. Celle-ci nous est donnée par l’Esprit saint : alors, comme on dit à l’Armée du Salut : en avant !

© Réveil - Lire la Bible - Novembre 2010