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En lutte (6) : Jésus et le tentateur

[mardi 8 février 2011 00:00]

En lutte (6) : Jésus et le tentateur

par Eugène PY-KNOERR

« Après avoir achevé de tenter Jésus de toutes les manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à une autre occasion. »
Luc 4.13

« Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. »
Marc 14.36 b


Le récit de la tentation de Jésus au désert nous est familier, mais nous ne prêtons pas attention toujours à la précision que donne le verset 13. Jésus victorieux de la tentation et prêt à assumer son ministère au service de toute l’humanité est une histoire « à suivre ».

Le perdant de cette première manche n’a pas dit son dernier mot. Il s’éloigne, il sort même de la scène, mais c’est pour guetter le moment favorable à un retour qui aurait le goût de la revanche. C’est en fait une leçon que souligne avec force la parole de Dieu : le diable n’abandonne jamais sa proie et une vigilance de chaque instant est nécessaire face à toutes les astuces du tentateur…
Et la vie de Jésus s’écrit, page après page, avec la force que lui donne sa victoire initiale sur la tentation. Il a choisi de servir au lieu d’être servi, de faire oeuvre utile au lieu de faire de l’esbroufe, de ne fléchir les genoux devant aucun pouvoir de ce monde. Du coup, je me suis posé la question de savoir quand le diable allait revenir à la charge. Il n’y avait, il faut bien le dire, pas beaucoup d’occasions dans la vie de Jésus où celui-ci aurait été en état de faiblesse et où il aurait été tentant de le tenter à nouveau. Et ce serait une erreur de faire l’amalgame avec les situations où les pharisiens, par exemple, posent des pièges à Jésus. Faire face aux hommes et à leurs questionnements, même pervers ou méchants, n’est pas affronter le prince de ce monde ! Cela aussi c’est une leçon de la parole de Dieu qu’il vaut la peine de retenir. Aucun homme n’est le mal incarné et chacun peut être affronté avec les armes que nous donne l’Esprit, dans le respect inconditionnel de sa personne.

Résistance
Il faudra attendre les dernières pages de l’Evangile pour que la tentation survienne à nouveau dans la vie de Jésus et ce sera, alors que se profile à l’évidence la passion et la croix, cette prière angoissée « Abba, ô mon Père, tout t’est possible ; éloigne de moi cette coupe de douleur ».
Jésus est seul dans ce combat de la prière. Il avait ardemment souhaité le soutien de ses amis les plus proches, mais par trois fois il va les trouver endormis, incapables de veiller à ses côtés, incapables de résister à la torpeur qui annule leur désir pourtant sincère d’être là où leur maître les attend. Le moment d’hésitation est vite passé. Jésus poursuit sa prière et c’est une nouvelle expression de sa victoire sur la tentation : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! »

Renversement
Après, il y aura l’arrestation, le jugement, la condamnation et la mort. Aux yeux même des disciples les plus sûrs, le mal a, une fois encore, triomphé de la vie.
Vous connaissez la suite : au matin de Pâques, la situation était radicalement renversée. Et la confiance de Jésus dans la volonté bonne de son père avait ouvert la voie de l’espérance indestructible, celle d’une vie à vivre dans la lumière de la pré sence d’amour de Dieu. Victoire de Jésus sur le mal et la mort : au matin de Pâques, Satan est vaincu. A toutes celles, à tous ceux qui se battent aujourd’hui encore contre le mal, la souffrance et la mort c’est la « bonne nouvelle » : avec Jésus, la lutte tellement inégale contre toutes les puissances des ténèbres est gagnée.

© Réveil - Lire la Bible - février 2011