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La Bible buissonnière

[dimanche 1 juillet 2012 01:00]

par Anne HEIMERDINGER

« C’est la bénédiction du Seigneur qui enrichit et le tourment n’y ajoutera rien. »
Proverbes 10.22

En méditant ce verset, certains mettraient davantage l'accent sur le tourment, d'autres sur la bénédiction. Voici une autre manière de lire, de s’imprégner d’un passage à plusieurs, une ouverture…

A quoi servait donc la méditation du sage et ses sentences adressées au peuple dans le livre des Proverbes ? Elle présentait des exemples pratiques pour rendre un culte au Dieu unique et pour rappeler la Loi, mais cherchait aussi une sorte de raison logique s’appuyant sur l’observation de l’humain, pour rendre les sentences accessibles à tous. La Loi servait de référence spirituelle. Salomon ne fut pas seul à méditer ; entouré d'une société de sages (I Rois 4.31), il ne refusait pas les échanges, les discussions avec d’autres sages de pays voisins.

Un proverbe pour qui ?
Aujourd’hui, comment recevoir ce verset ? Est-ce une acclamation de foi ? Une déclaration de confiance ? Une incitation au lâcher-prise ? Un questionnement sur notre manière de consommer et notre frustration régulière ? Une invitation à la simplicité, à redécouvrir la satiété ?.

Pour Françoise
En quoi consiste donc le bonheur ? Réaliser ce que l’on désire au plus profond de soi, obtenir ce qui nous fait envie ou céder une place à Dieu ? Dans ce cas, le mieux est de suivre le conseil du psaume 37.4 : « Fais de l’Eternel tes délices et il te donnera ce que ton cœur désire ». Car tout nous vient de Dieu, non pour notre seul confort, mais pour qu’enrichis par sa bénédiction nous soyons en bénédiction à d’autres !

Pour Véronique
Le tourment me sert souvent d’alibi et de pièce maîtresse à mon chantage… « Eh bien, je l’aurais mérité mon paradis moi avec ce que je vis » ou même « ce que vous me faites vivre ! » Mais si je retourne au texte biblique, je me rappelle que Dieu nous a sauvés une fois pour toutes et rien ne vient valoriser ou « entamer » cette bénédiction… Il y a juste nos regards à réajuster à la lumière de son Esprit Saint.

Pour Bernard
Ce verset de Proverbes est bien venu ! Il peut nous aider à continuer à nous guérir d’une maladie spirituelle qui consiste à « sacraliser » la souffrance. Dieu ne veut ni le tourment, ni la souffrance, ni la mise à l’écart, ni l’injustice. Je peux même dire que je ne peux croire en un Dieu sadique, calculateur, qui agirait comme un homme « tordu ». Comment imaginer une minute qu’il permet et se sert de la misère du monde pour régner parmi les hommes ! Il veut la vie pour nous, le bonheur, et se désole de nous voir l’inscrire parmi les responsables du mal et de l’injustice par méconnaissance et facilité. Dieu accompagne et se signale simplement par amour. C’est cela sa bénédiction de toute éternité qui enrichit nos vies.

Pour Isabelle
Alors comme cela, la bénédiction de Dieu, c’est facile, c’est donné, il suffit de la rechercher pour en profiter. C’est bien le monde à l’envers ! Il n’y a donc aucune réservation VIP pour une élite de super chrétiens, actifs dans leur paroisse. Il y aurait donc une place aussi pour moi, qui suis parfois débordée par l’agitation, inutile au bord du chemin, et même en retrait devant les décisions prises par tous les « motivés », les forts, les guerriers de mon consistoire. Il est vrai que l’Evangile nous fait « l’éloge de la fragilité »* et nous convie à prendre une certaine distance, du recul… Il manque aujourd’hui des gens qui ne sont pas des déserteurs, mais bien des gens « guéris » de l’agitation. Sûrs de l’amour de Dieu et guéris du tourment, ils sont à leur tour porteurs de la bonne nouvelle de la bénédiction.

* Titre d’un ouvrage de Gabriel Ringlet paru en 2004, aux éd. Albin Michel

© Réveil - Lire la Bible - été 2012